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Interview Olivier Ducourt

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OLIVIERDUCOURT2Le fondateur l’Outdoor Training Center, Olivier Ducourt est un sportif engagé, une personnalité dont la réputation n’est plus à faire, un homme qui dispose de vingt-cinq ans d’expérience dans le domaine de la préparation physique. Sa carrière professionnelle a connu plusieurs étapes, c’est sans doute cette diversité qui l’a conduit à créer sa structure d’entraînement fonctionnel en plein air, un concept novateur en France qui risque de faire des émules.

 

– Pouvez-vous nous décrire votre parcours professionnel en quelques lignes et votre rapport avec le milieu sportif ?

J’ai un parcours atypique, ma carrière a été jalonnée d’expériences et de projets divers. J’adore le sport en général, moi-même, j’ai pratiqué le vélo, le judo et le ski. J’ai travaillé dans une salle de sport, j’ai été moniteur de ski, j’ai aussi entraîné en rugby les catégories jeunes de l’US. Dax, avant de devenir le préparateur physique de l’équipe première entre 1996 et 2000. Au début des années 2000, j’ai travaillé comme commercial en charcuterie, oui ça peut faire sourire pour un préparateur physique ! En parallèle à cette activité, je me suis occupé de la préparation du Jet skieur Ludovic Caumont (Champion du Monde off-shore, et multiples Champions d’Europe) et de Taub Manu (Champion et recordman du monde de Kite surf en vitesse). Puis entre 2004 et 2008 j’ai été préparateur physique du Biarritz Olympique Pays Basque avec mon ami Olivier Rieg (Champion de France 2005 et 2006). Enfin, je me suis installé à mon compte comme coach privé, j’ai continué à m’occuper de plusieurs équipes de rugby (Massy, Hendaye…), de marathoniens, j’ai collaboré avec beaucoup d’athlètes dans des activités sportives diverses notamment avec Jimmy Sallaberry (Pilote moto 600 cm2 en championnat France Supersport), Yves Bruneau (cross-country) et Pierre Robert de la Tour (Champion de France, Champion d’Europe en chasse sous-marine). Tout récemment, en avril dernier, j’ai créé le Outdoor Training Center en bordure du canal à Hossegor.

 

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– Pourquoi avoir choisi de créer cette structure d’entraînement fonctionnel en extérieur ?

Aujourd’hui, tout le monde à un seul mot à la bouche : « workout » ; cela se traduit « travail dehors ». C’est tout de même préférable de pratiquer un sport en extérieur, l’exercice physique est bon pour la santé et la santé c’est l’oxygénation ! Or jusqu’à preuve du contraire lorsqu’on s’enferme dans une salle on fait tous sauf s’oxygéner correctement. Alors que dehors on est à l’air libre. Le sport en extérieur mérite d’être plus développer. Qui plus est, pour ceux qui, comme moi, habite une région (les Landes) propice à ce type d’entraînement ; un hiver doux, une chaleur supportable l’été. J’ai choisi d’installer ma structure chez moi à Hossegor car j’ai la chance d’avoir une municipalité qui porte un grand intérêt pour le sport. J’ai une concession saisonnière d’avril à octobre, dans un cadre sympa au bord du canal entre lac et port, c’est un lieu de passage avec une exposition stratégique.

Tous les gens qui passent me disent que c’est une super idée, pourquoi ne pas l’avoir fait avant. De mon côté, ça fait dix ans que j’avais ce projet en tête …avant le matériel n’était pas adapté à l’air marin. Il fallait donc des équipements qui résistent à la corrosion. Aujourd’hui j’ai la chance que TRX ait sorti le cross training ; un « box » qui à la base était destiné à l’armée américaine. Je dispose de plusieurs outils pour assurer un entraînement fonctionnel de qualité (TRX, Bosu, corde ondulatoire, rack, barre…).

 

– Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre structure et votre conception de la préparation physique ?

L’ Outdoor Training center est comme son nom l’indique, une salle de sport et d’entraînement fonctionnel en extérieur. Dans cette structure en plein air, je propose un accompagnement personnalisé et adapté aux besoins des pratiquants pour garantir bien être et/ou performances. Les services proposés s’adressent aux  personnes de tous niveaux  et de tous âges et ce quelques soient les objectifs à atteindre. Je dispense deux types de coaching. Le premier, collectif  en petit groupe de 2 à 12 personnes maximum pour des cours de TRX, Cross Training, DISQ Fitness et de Pilates. Le deuxième, individuel pour répondre à un objectif plus personnel  (perte de poids, mal de dos, bien-être, améliorations de performances…).

Mon but est d’essayer de développer ce type de structure d’extérieure en France, puisque à l’étranger ça fonctionne déjà depuis longtemps. La France étant un peu à la traine,  j’ai décidé de prendre les devants et d’être le premier à importer ce concept. Je suis convaincu que l’entraînement fonctionnel chez le sportif représente le socle et les fondations d’une bonne préparation physique. Le problème de la préparation physique aujourd’hui est que l’on s’enferme trop dans des carcans avec  des appareils guidés sur lesquels on est bien installé mais ne permettent pas de solliciter la musculature profonde. Par rapport au geste sportif, ça n’a absolument rien à voir ! Ponctuellement ça peut être intéressant, mais il est plus pertinent de s’appuyer sur l’entraînement fonctionnel avec des mouvements poly-articulaires, sollicitant les muscles antigravitationnels qui obligent le corps à se renforcer dans son ensemble. L’entraînement fonctionnel garantit un développement des qualités athlétiques et favorise la recherche d’équilibre pour un meilleur soutien postural. L’approche fonctionnelle permet tout de suite, après quelques séances, de se sentir bien. Elle prévient des risques de blessures musculaires ou articulaires.

 

– Pour vous, quelles sont les différences entre un préparateur physique et coach sportif ?

Le préparateur physique s’adresse à des sportifs de compétitions qui recherchent la performance, alors que le coach sportif, lui, s’inscrit plus dans une approche liée au bien-être. Même si à un moment donné, les programmes peuvent être similaires, les contraintes et exigences ne sont pas du tout les mêmes et les objectifs sont très différents. L’entraînement avec le sportif de compétition exige un suivi régulier avec des charges de travail importantes et des intensités élevées. Le préparateur physique doit être capable de pousser le sportif dans ses retranchements pour chercher à maintenir ou améliorer son niveau de forme tout en préservant son intégrité physique. Tandis que le coach sportif a une démarche plus « souple », il va enseigner des principes de base et les postures. Il va accompagner la personne dans une logique de santé, de bien-être et de résultat visible.

 

– Pourquoi, alors avez-vous choisi de basculer de la préparation physique vers le coaching sportif ?

Je veux tout d’abord apporter une précision, je conserve l’âme du préparateur physique, je conduis d’ailleurs mes séances de coaching comme je le fais avec un sportif de haut-niveau.

J’ai décidé d’abandonner la préparation physique d’équipe (en club) au profit du coaching sportif car en sport collectif, les programmations sportives se prenant logiquement en staff je n’étais pas complètement décisionnaire et forcément en accord.

Aujourd’hui, ce qui me plait dans le coaching sportif, c’est que je suis libre, je fais mes propres choix en fonction des objectifs fixés avec les participants. Les orientations choisies correspondent à ma conception de la préparation physique. Je paramètre les qualités physiques visées et je maîtrise de A à Z la charge d’entraînement.

Maintenant, rien n’est irréversible, si une opportunité intéressante se présente avec une équipe, je l’étudierai avec attention.

 

– Votre manière d’entraîner les sportifs de Haut-Niveau est-t-elle très différente de ce que vous faites avec des sportifs amateurs ?

Evidemment, je suis plus exigeant avec le sportif de haut-niveau, la fréquence et l’intensité des entraînements ne sont pas les mêmes. Je vais aussi mettre l’accent sur d’autres composantes de la performance, en particulier la diététique et la récupération. J’insiste énormément sur l’alimentation et l’hydratation avant pendant et après l’effort mais aussi dans la vie de tous les jours. Avec le sportif amateur, il faut être plus indulgent. Mais après sur le travail en lui-même reste à peu près le même.

 

– Etes-vous un adepte du Crossfit, un autre système à la mode en ce moment ?

Je ne suis pas fan du Crossfit. Le Crossfit vient des Etats-Unis, ces adeptes sont des gens qui ont déjà une pratique assez avancée du sport. Importé dans notre pays on y lance des personnes qui n’ont jamais fait de sport et de musculation de leur vie. On leur propose par exemple des mouvements d’haltérophilie (que même des pratiquants assidus ne maitrisent pas complétement) après seulement quelques séances on exige d’eux le maximum de répétions, en augmentant les charges, le tout dans un temps imparti !!! Lorsque je vois certaines vidéos en Crossfit je m’inquiète pour eux : petites ou grosses blessures…Il m’arrive de suivre en nutrition des adeptes du Crossfit et je peux vous dire qu’ils ont très souvent des soucis physiques. Il y a de bons mouvements à faire mais pas de cette manière-là. Donc le Crossfit oui mais pas avec n’importe qui ! Moi je préconise plutôt l’entraînement fonctionnel, je suis très à cheval sur la technique et le travail qualitatif.

 

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui veulent se lancer dans la préparation physique ?

Le plus important c’est d’être curieux, la curiosité rend intelligent. On apprend partout, à tous les niveaux, et dans tous les sports, et c’est ce qui est intéressant dans ce métier. Si on savait tout, quel ennuie ! Pour moi, il est impératif d’aller voir ce qui se fait dans d’autres sports, d’être très ouvert, de partager des connaissances et de rester humble de façon à continuer à progresser. Même quand j’étais au Biarritz Olympique, au top de nos compétences et que nous avions de très bons résultats, cela ne m’empêchais pas de m’intéresser à d’autres sports et d’aller puiser dans d’autres disciplines comme le golf ou le surf. Je prends des idées un peu à tout le monde, c’est de bonne guerre. Je n’ai pas de secret, un truc qui marche je ne vois pas de raison de ne pas le divulguer. Quelque part, dans la préparation physique, on fait tous la même chose. Les ingrédients sont les mêmes, après on a tous des sportifs et des objectifs différents, c’est donc l’agencement des contenus qui va jouer.

 

– Une expression qui vous symbolise bien ?

« L’important ce n’est pas de bien démarrer mais c’est de bien arriver ». Souvent les sportifs me demandent pourquoi on ne fait pas si, pourquoi on ne fait pas ça…Moi, je dis : « écoutes, la préparation ce n’est pas appliquer des méthodes ou copier des exercices, c’est établir un plan d’action, avoir une cohérence dans la planification, savoir garder le cap et c’est seulement à la fin qu’on verra si le travail porte ses fruits ».

 

– A l’heure des réseaux sociaux comment vous positionnez vous ?

J’ai été obligé de m’y mettre. Facebook, twitter, Instagram… les réseaux sociaux sont des supports de communication très efficace, et un facteur non négligeable : c’est gratuit, alors pourquoi sans priver. Avant j’avais juste un site internet qui fonctionnait plutôt bien, mais j’ai remarqué qu’avec Facebook c’est multiplié par dix. Aujourd’hui sur ma page Facebook outdoor Training Center (https://www.facebook.com/outdoortrainingcenter?ref=hl), j’ai plus de 6000 visites par semaine, c’est hallucinant j’en reviens pas moi-même. Avec ces applications, j’arrive à tisser un réseau au niveau régional et local. J’ai une certaine lisibilité et je trouve que je suis bien positionné.

 

– Que peut-on vous souhaitez ?

Que ça continu à marcher cet été…créer une émulation, que les gens fassent plus de sport en extérieur, qu’ils adhérent à mon approche basée sur l’entraînement fonctionnel, j’aimerai bien dans un avenir proche, étendre ce concept, le décliner ailleurs.


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