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Interview

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Thibaut TRAMEAU (à gauche) & Nicolas CABARET (à droite)

Février 2014 : Destination Sotchi… mais sans faire le voyage !

 

Physique-Performance a interviewé pour vous Nicolas CABARET et Thibaut TRAMEAU, préparateurs physiques des équipes de France masculines de ski. Les skieurs français dont ils s’occupent se préparent depuis plusieurs mois pour arriver à leur meilleur niveau aux Jeux Olympiques d’Hiver. Interview croisée.

 
– Présentez-vous, en quelques mots.

 

Nicolas CABARET – Né en 1981, j’ai étudié à l’UFR STAPS de Dijon et je suis titulaire d’un Master 2 « Entraînement et Management du Sport » ainsi que de deux Diplômes Universitaires en préparation physique et préparation mentale. J’ai évolué dans différentes disciplines (Tennis, rugby, canoë-kayak, volleyball, golf,…) et différents pays (Australie, Inde, Angleterre, Etats-Unis, etc.) afin de confronter mes connaissances et de m’enrichir des autres méthodologies. Depuis 2011, je m’occupe du groupe coupe du monde  »vitesse homme » en ski alpin. En parallèle, je continue de travailler avec des athlètes de haut niveau, principalement à distance, par l’intermédiaire de mon site internet (http://www.tohunga-excellence.com) dans les sports suivants : tennis, golf & kayak (course en ligne).

 

Thibaut TRAMEAU – Je suis préparateur physique au sein de la Fédération Française de Ski depuis 4 ans. Comme Nicolas, j’ai été formé à l’Université de Dijon où j’ai obtenu un Master et un Diplôme Universitaire en Préparation Physique. Après avoir travaillé sur différents sports au Centre d’Expertise de la Performance Gilles Cometti de Dijon et notamment au centre de formation de basket de Dijon, j’ai été embauché en 2010 par la FFS. Aujourd’hui, j’ai 11 skieurs à ma charge, pratiquant les disciplines de Slalom et Géant parmi lesquels figurent entre autre Alexis Pinturault, Jean-Baptiste Grange, Julien Lizeroux sur les circuits coupe du monde, championnats du monde (tous les 2 ans) et Jeux Olympiques (tous les 4 ans).

 

 

– A quelles difficultés majeures avez-vous dû faire face pour démarrer dans la vie professionnelle ?

 

N.C – Pour synthétiser, je dirais que depuis la fin des années 90, la fonction de préparateur physique a connu un essor grandissant (médiatisation) ; On évoque son rôle lors des grandes compétitions et l’arrivée du professionnalisme, dans le rugby principalement.

 

Conséquences de cela :

 

– Une demande plus importante de préparateurs physiques qualifiés pour remplir cette fonction, ce qui est une bonne chose mais d’un autre côté, davantage de personnes se sont intéressées à ce métier.

 

– La multiplication de formations universitaires. Par conséquent: plus de préparateurs physiques en concurrence pour un nombre de places limité (je veux dire à haut niveau, car le nombre d’équipes dans les championnats est quasiment toujours le même).

 

Les diplômes restent une base indispensable pour acquérir les connaissances nécessaires mais n’apportent aucun travail à la fin.

 

La constitution d’un réseau professionnel et la reconnaissance de son travail par les athlètes restent les meilleurs atouts pour évoluer avec les meilleurs.

 

T.T – Il n’est pas toujours évident de trouver du travail dans notre secteur quand on n’a aucune connaissance dans le milieu. Il faut donc savoir se créer un réseau auprès des professionnels et prouver ses compétences. La deuxième grande difficulté est le manque d’infrastructures et de moyens pour mettre en place notre travail correctement. En France, c’est difficile de travailler en préparation physique : Quand les employeurs font l’effort de créer des postes, ce sont les moyens logistiques qui manquent. On avance doucement, mais il y a encore beaucoup de travail…

 

 

 

– La préparation physique des équipes de France de ski, c’est une envie ou une opportunité pour vous?

 

N.C – Cela reste une opportunité qui s’est présentée après des expériences professionnelles à l’étranger. D’une part, c’était l’occasion de revenir dans le milieu fédéral français et de travailler dans une discipline olympique avec un grand circuit de coupe du Monde. D’autre part, c’est un sport riche en enseignements pour notre fonction, que ce soit sur les traumatologies importantes à gérer, les retours de blessures, la longue préparation estivale suivie d’une préparation au jour le jour durant les 4 mois de Coupe du Monde et la gestion quotidienne de la forme générale (physique & mentale) des athlètes, parce que vous êtes celui qui passe le plus temps avec eux tout au long de l’année !

 

T.T – C’est une réelle envie au départ. J’avais personnellement envie de travailler dans un sport où le rôle du préparateur physique a un réel impact auprès des athlètes. Dans le ski, au même titre que le rugby, le travail physique a une part prépondérante dans le résultat final. La longue période de préparation estivale, l’exigence de la forme physique face aux risques de blessures rendent notre travail passionnant mais aussi parfois assez complexe.

 

 

 

– Quelles sont les différences entre les filles et les garçons dans la préparation physique en ski?

 

N.C – Tout d’abord, au niveau de la pratique, les demandes physiologiques sont sensiblement les mêmes à quelques exceptions près (durée de course légèrement plus courte chez les femmes et le tracé des descentes est plus difficile pour les hommes). Ensuite, on se croise rarement sur les périodes de préparation et de compétition avec les groupes féminins donc il est difficile de comparer les contenus.

 

Ceci dit, je noterai deux points indispensables à prendre en considération dans la préparation :

 

– Premièrement, la gestion de la part émotionnelle chez les femmes qui est d’autant plus importante dans une activité où la prise de risque l’est !

 

– Deuxièmement, le fait que le risque de blessures du LCA soit plus grand chez les athlètes féminines par rapport aux athlètes masculins pour différentes raisons (LCA plus petit et moins résistant à la rupture, plus grande laxité des articulations, facteurs hormonaux).

 

T.T – On travail seulement sur les groupes garçons, donc c’est difficile de comparer réellement. De ce qu’on voit de l’extérieur, la préparation estivale ressemble beaucoup à la nôtre mais la gestion et le management sont très différents. La problématique « blessures » et l’aspect psychologique sont décuplés chez les filles ; malheureusement, cela s’est confirmé cette année avec beaucoup de blessures chez les filles.

 

 

 

– Quelles sont les disciplines complémentaires à votre sport et pourquoi ?

 

N.C – Disciplines complémentaires ? Je ne pense pas qu’il y en ait vraiment. Il y a trop de particularités dans ce sport (sport d’extérieur, importance de la météo, matériel, angulations spécifiques, équilibre /proprioception à des vitesses élevées, etc.). On retrouvera cela dit la recherche d’adrénaline et de vitesse dans les activités que la plupart des skieurs pratiquent à côté : moto, courses automobiles, VTT de descente, kite surf…

 

T.T – Pour moi, techniquement parlant, il n’y a aucun sport au monde qui ressemble à du pilotage de matériel par les pieds, glisser sur des pentes verglacées. Même si certains sports comme le VTT de descente ou la moto peuvent paraître semblables au pilotage de ski alpin, on s’éloigne énormément de l’aspect énergétique. Par contre, physiologiquement, les disciplines de slalom et géant sur lesquelles je travaille, pourraient être comparées à un 400 mètres. Le slalom et le géant sont des disciplines lactiques, pliométriques, d’une durée variant de 55 sec à 1 min 15 selon le tracé. C’est exactement ce que l’on retrouve dans une épreuve comme le 400 mètres. Les skieurs finissent bien souvent leurs runs les jambes remplies d’acide lactique.

 

 

 

– Quel type de relations entretenez-vous avec vos skieurs ? Sont-elles seulement professionnelles ?

 

N.C – Comme je disais précédemment, on a un rôle privilégié car on passe le plus de temps avec eux. On est ensemble toute la saison, de fin Mai jusqu’à mi-Avril (préparation, stages de ski, compétitions). Dès lors, les relations ne peuvent pas être que professionnelles. On développe des affinités particulières avec chacun d’autant plus que j’ai le même âge que la moitié du groupe donc on a forcément des centres d’intérêts en commun. Les exigences de cette discipline (les prises de risque, l’engagement physique et le dépassement de soi) créent elles-mêmes des relations uniques et tissent des liens particuliers car ils s’envoient sur des pistes verglacées à près de 150km/h avec pour seules protections un casque et une dorsale !

 

T.T – On passe énormément de temps avec les athlètes et le staff (un peu moins de 300 jours/an) entre les déplacements, les entraînements physiques et les camps d’entraînement technique. Dans ce contexte, on est obligé de créer des affinités particulières, sinon notre travail ne fonctionnerait pas. Cela nous donne un très gros esprit de groupe, ce qui est contradictoire pour un sport individuel. Je pense même qu’on a plus de valeurs collectives que beaucoup de sports collectifs. C’est comme une grande famille qui parcourt le monde ensemble.

 

 

 

– Les skieurs pratiquent un sport individuel pourtant vous les gérez comme une équipe. Dans votre préparation, quelle est la part de d’entraînement individualisé et collectif ?

 

N.C – Pendant la préparation estivale, on organise en moyenne trois rassemblements sur Albertville par semaine. Le reste de la semaine, ils reçoivent un programme individualisé qu’ils peuvent effectuer seuls. En général, on essaie de travailler ensemble car il y a une très bonne dynamique de groupe et cela les motive tous de manière individuelle pendant la séance.

 

Par rapport à cela, j’essaie d’organiser mes séances sous la forme suivante :

 

– Echauffement en commun souvent accompagné d’un jeu de ballon.

 

– Puis, séparation en petits groupes de 2 ou 3 athlètes pour les premiers ateliers de la séance.

 

– La fin de séance est complètement individualisée en fonction des besoins de chacun.

 

Etant des compétiteurs 24h sur 24h, on en profite pour faire des tournois de sports individuel ou collectif lors des rassemblements. Lors des périodes de compétitions, l’approche est davantage individuelle.

 

T.T – La plupart de mes athlètes habitent à proximité d’Albertville, donc toute la préparation estivale se passe avec l’intégralité du groupe. C’est une chose à laquelle je suis attaché, car je pense que quand on travaille physiquement ensemble, la séance a beaucoup plus d’impact que si on la réalise seul. Le travail est bien plus motivant et chacun se tire vers le haut pour être plus performant que son copain. Sur l’organisation de mes séances, je m’appuie donc sur des séances collectives où l’objectif est commun à tout le monde. Elles peuvent être aussi individualisées selon les antécédents traumatologiques et certaines orientations spécifiques en fonction des déséquilibres musculaires observés sur des tests isocinétiques. Quand on se rapproche des courses, le travail est complètement individualisé car selon les objectifs de chacun et les disciplines qu’ils exercent, le programme est différent. Certains de mes skieurs font 13 courses dans l’année quand d’autres en font pas loin de 40. Il faut donc forcément adapter le travail.

 

 

 

– Existe-t-il une différence en terme de préparation pour une année olympique par rapport à une saison classique ?

 

N.C – En termes de préparation, il n’y a pas de différence particulière. La sélection aux JO se décide deux semaines avant donc ils se doivent d’être présents jusque-là. La principale différence réside dans la gestion de l’événement. En effet, les Jeux Olympiques, cela n’arrive que tous les 4 ans à la différence des Mondiaux (tous les 2 ans). Tous les médias sont présents et la visibilité est maximale d’autant plus que la descente est considérée comme  »l’épreuve Reine » des JO d’Hiver au même titre que le 100 mètres pour les JO d’Eté.

 

T.T – Pas spécialement. D’abord, pour participer aux JO il faut se sélectionner. Pour cela, il faut faire partie des 4 meilleurs français de sa discipline dans le circuit coupe du monde classique. Aujourd’hui, on a une équipe vraiment dense et personne n’est certain d’avoir sa place. Ensuite, l’ordre de départ (le dossard) est primordial. Si tu pars dans les premiers dossards tu as plus de chance de faire un résultat et pour cela il faut avoir des bons résultats en coupe du monde. Donc en bref, si tu veux te donner un maximum de chances pour faire un bon résultat aux JO, il faut d’abord être bon sur le circuit coupe du monde.

 

 

 

– Pouvez-vous nous donner des précisions sur votre planification et les différents cycles de préparation pour ces JO ? (depuis cet été)

 

N.C – Voici les grandes lignes de la planification :

 

Au total, on a 14 semaines totalement dédiées au physique par saison.

 

– Deux dernières semaines de Mai : Reprise personnelle avec renforcement articulaire, sangle abdominale, base cardio).

 

– Juin – Juillet (6 semaines : 2 cycles de 3 semaines, avant le premier stage de ski).

 

– Août (cycle de 2-3 semaines) : Développement + gestion de la récupération entre les stages).

 

– Fin Septembre – début Octobre (cycle de 2-3 semaines) : Développement + Récupération.

 

– Fin Octobre – début Novembre (cycle de 2-3 semaines) : Préparation “compétition”.

 

Autre élément important à savoir : Les athlètes n’ont que 50 jours d’entraînement de ski avant la première compétition ce qui est peu par rapport aux autres sports ; donc je fais en sorte qu’ils ne soient pas  »trop » fatigués pendant les stages afin d’optimiser au mieux leurs entraînements spécifiques (test du matériel, reprise de sensations, enchaînement des manches).

 

Enfin, lors des stages et compétitions, les entraînements de ski ont toujours lieu le matin donc on travaille le physique l’après-midi avec un programme à la carte (gestion des douleurs liées au ski, récupération, rappel de force, soins kinés uniquement, activation pré-course, etc.)

 

T.T –

 

– Cycle 1 Physique (Mai) : 2 semaines de reprise progressive. Renforcement des ceintures Pelviennes et Scapulaires.

 

– Cycle 2 Physique (Juin) : 4 semaines de développement physique dont une semaine de stage en Corse pour travailler la base cardio-vasculaire.

 

– Cycle 3 Alternance Ski/Physique (Juillet) : 3 stages de ski et une semaine de stage physique au Centre d’Expertise de la Performance de Dijon pour évaluer la progression et profiter des infrastructures.

 

– Cycle 4 Ski (Août) : Départ pour plus d’un mois de stage dans l’hémisphère Sud à Ushuaïa pour trouver des conditions hivernales. La priorité est le ski. Chaque après-midi, on réalise quelques séances physiques de proprioception, d’équilibration et de renforcement spécifique.

 

– Cycle 5 Alternance ski/physique (Septembre) : Période d’affûtage alternant ski et quelques jours de physique.

 

– Cycle 6 (Octobre/Novembre) : Première compétition de la saison.

 

– Cycle 7 Ski (Décembre/Janvier) : Période très importante avec de nombreuses compétitions. Le travail physique consiste principalement à de la récupération et à la gestion de la fatigue.

 

– Cycle 8 Ski/Physique (Février) : 2 semaines de préparation (1 semaine de physique et 1 semaine de ski) avant le départ pour Sotchi.

 

– Cycle 9 Ski (Mars) : Dernière compétition de la coupe du monde et championnat de France.

 

 

 

– Nicolas et Thibaut, vous ne pratiquez pas les mêmes disciplines (descente et technique). Quelles sont les principales différences et particularités de vos deux pratiques ?

 

N.C – Les disciplines de vitesse (descente et super G) constituent les parcours les plus longs en ski alpin. Il n’y a qu’une seule manche à la différence des disciplines techniques (slalom et géant). Les durées d’effort sont de l’ordre de 1min30 à 1min50 en super G et de 1min50 jusqu’à 2min30 en descente. Il y a moins de virages, des vitesses MAX élevées (140-150km/h), des sauts allant jusqu’à 60-70 mètres de long. On recherche au maximum des attitudes aérodynamiques (position de recherche de vitesse).

 

T.T – La première différence notable est le matériel : les descendeurs ont des skis de 2m à 2m15 ; les miens ont des skis de 1m68 à 1m90. La deuxième est bien évidement le tracé : les techniciens travaillent des petits virages brefs sur une durée de 1min à 1min30. Les descendeurs travaillent sur des grandes courbes sur 1min30 à 2min15. Ceci induit des différences notables sur la morphologie des athlètes. En technique, on a plutôt des petits gabarits, légers, très explosifs, et en vitesse, on a des gabarits costauds, plus endurants. C’est un peu comme au rugby avec les avants et les arrières…

 

 

 

– Les jeux Olympiques arrivent à grand pas. Comment sentez-vous nos champions français quelques semaines avant la compétition, et à votre avis, quelles sont nos chances de médailles ?

 

N.C – Le mois de Janvier est crucial pour les JO. Les meilleurs à cette période-là seront devant à Sotchi ! On a planifié une montée en puissance tout au long de ce mois avec 2 étapes importantes: Wengen et Kitzbühel. Pour l’instant, cela se présente bien. Nos 10 athlètes sont toujours en course pour les sélections olympiques (pas de blessures importantes à signaler). 5 skieurs font actuellement partie des 30 meilleurs mondiaux et on a déjà obtenu trois podiums cet hiver (2 pour Adrien Théaux et 1 pour Johan Clarey). J’ajouterais également qu’aux derniers championnats du Monde en Autriche en 2013, nous avions réussi deux podiums sur nos deux courses: David Poisson (3ème en descente) et Gauthier De Tessières (2ème en super G). On a un groupe dense, et sur une course, tous nos sélectionnés sont potentiellement « médaillables ». Enfin, il faut un brin de réussite car nous ne sommes pas les seuls à vouloir l’Or à Sotchi !

 

T.T – Ces JO s’annoncent plutôt bien. On a une équipe « garçons » vraiment dense avec de très bonnes individualités pour aller chercher des médailles. Mais les places pour le métal se font rares et il faudra aller chercher les cadors de chaque discipline comme Ligety, Hirsher ou Svindal si on ne veut pas rentrer bredouille de Russie. Mais les Jeux c’est une course d’un jour… Il peut se passer beaucoup de choses ! Dans l’ensemble, on a de belles cartes à jouer avec Alexis Pinturault sur 3 disciplines (slalom, super combiné et géant), Thomas Fanara en géant, Thomas Mermillod Blondin en super combiné, Jean Baptiste Grange en slalom sans oublier les autres dans une position d’outsider : tout est possible !

 

 

 

– Au gré de vos voyages à l’étranger, quel pays vous a particulièrement marqué dans son approche du travail physique ?

 

N.C – Parmi les pays où j’ai pu travailler et observer ce qu’il se faisait, deux me viennent à l’esprit : l’Australie et les Etats-Unis.

 

Il existe de grandes similitudes entre ces deux pays :

 

Très tôt, le travail est axé sur le développement de la motricité, de la coordination sous ses différentes formes ainsi que l’introduction de l’haltérophilie (adaptée bien entendu !) chez les jeunes (10-12 ans). On sent que les athlètes arrivent à maturité plus tôt et connaissent mieux leur corps. Ils sont plus rapidement autonomes et professionnels. Si on voulait caricaturer, on pourrait dire que l’enfant devient athlète avant d’être spécialiste de telle ou telle discipline !

 

En france, on est rapidement sur de la spécialisation dans une discipline, ce qui engendre des lacunes motrices à terme. Il y a aussi les différences culturelles qui jouent un rôle important dans la perception du travail physique par les athlètes de haut niveau… Mais c’est un autre débat qui demande plus de temps pour répondre sans risquer de paraître trop catégorique !

 

T.T – Bien évidemment les Nord-américains ! Ils ont une vraie culture du physique et possèdent des installations qui nous font rêver à chaque déplacement là-bas. Ils n’hésitent pas à faire du travail physique très tôt dans les catégories d’âge. Les scandinaves ont également une bonne culture du physique. Des Aksel Lund Svindal ou des Kjetil Jansrud sont des vrais Vikings du ski, de très beaux gabarits physiques. Pour la petite anecdote, Sanderi Paloniemi, slalomeur Finlandais sur le circuit coupe du monde, participe également au championnat de Finlande d’haltérophilie dans sa catégorie de poids.

 

 

 

– Enfin, une dernière question qui intéresse de nombreux français qui pratiquent les sports d’hiver (glisse) : En tant qu’experts, pouvez-vous nous donner des conseils pour bien se préparer pour le ski et éviter les pépins physiques ?

 

N.C – On a souvent peu de temps à consacrer à cela alors j’irais à l’essentiel : J’axerais le travail sur les trois points suivants :

 

– Renforcement de la sangle abdominale (surtout les lombaires).

 

– Travail de proprioception : exercices d’équilibre pour solliciter les articulations (genou et hanche principalement).

 

– Renforcement des quadriceps (travail excentrique à poids de corps : descendre sur une jambe par exemple).

 

Une fois sur les pistes :

 

– Avoir sa routine d’échauffement (5-10 min : travail de fentes avant/latérales notamment) et s’y tenir avant chaque première descente !

 

– Attention aux crises d’hypoglycémie ! En effet, avec le froid, on brûle plus rapidement les calories. Il faut penser à emporter avec soi une alimentation adéquate.

 

T.T – C’est une question que l’on nous pose très souvent. Une grande majorité des Français qui vient passer une semaine de ski par an à la montagne ne fait soit pas du tout de sport, soit trop peu pour être vraiment prêt à encaisser une semaine de ski complète. D’autant plus que le ski est un sport à risque.

 

Quelques conseils pour bien préparer son séjour :

 

– Quelques footings de 20 à 45 min pour habituer l’organisme à encaisser la semaine de ski.

 

– Quelques exercices de renforcement musculaire (du type « chaise contre le mur »), quelques

 

– Flexions sur une jambe, quelques fentes avant et latérales.

 

– Un peu de travail d’équilibre (rester les yeux fermés sur une jambe le plus longtemps possible).

 

Quelques conseils pour bien profiter de votre séjour en montagne :

 

– Bien s’échauffer (articulations de l’épaule, genoux, muscles).

 

– Emporter de l’eau avec soi pour bien s’hydrater ainsi que quelques fruits secs ou de la

 

– Nourriture d’appoint adéquate.

 

– Ne pas abuser du vin chaud et pas trop manger de raclette le soir !!!!


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